Après 10 ans d’implication dans mes covens, j’ai fait un burn-out spirituel. Je marche dans un désert duquel je sors à peine. Pour bien comprendre ce qu’est exactement un burn-out spirituel, imaginez que tous vos repères disparaissent, que toutes vos certitudes se transforment en doutes et que toutes conversations avec le divin laissent place au silence. C’est comme un trou dans lequel disparaît des années de recherche, de réflexion et de pratique.

J’ai encore de la difficulté à cerner pourquoi ça m’est arrivé. Je n’étais pas parfaite et Déesse sait à quel point j’ai fait des erreurs de parcours et à quel point j’étais mal outillée en gestion des relations humaines mais, tout de même, j’ai enseigné à mes covens avec bonne intention. Intention de bâtir une communauté qui partage les mêmes valeurs que moi, intention d’évoluer ensemble, intention de vivre des transformations personnelles.

Je ne connais pas toutes les raisons de ce burn-out spirituel mais je sais que la solitude a fini par me gagner. 10 ans à penser pour le mieux du groupe, à prendre des décisions difficiles, parfois cruelles, pour assurer un égrégore sain et solide. 10 ans d’apprentissage, à la dure, de qui je suis en tant que Grande Prêtresse, de leader de groupe, d’enseignante pour réaliser que je n’arrive plus à être un membre qui suit un groupe. 10 années à jouer à la police. C’est ainsi que je le ressens parfois alors oui, je me sentais bien seule dans mon rôle même si ma douce m’accompagnait dans cette aventure.

Non seulement il m’est difficile d’être un membre d’une quelconque communauté, je n’arrive plus à me situer dans ma vie. Que dois-je faire après avoir vécu 10 années en groupe? Où sont mes amis? Mes sœurs et frères praticiens? Certains sont restés dans ma vie et d’autres non.  Certains me détestent d’avoir été humaine, d’avoir des défauts, d’avoir prit des décisions à l’encontre de ce qu’ils voulaient. Ceux et celles qui sont restés dans ma vie sont précieux et je les aime d’un amour profond mais une part en moi souffre de nostalgie lorsque je les rencontre. J’aurais juste envie de leur partager des bons souvenirs et de ressasser le passé car au final, malgré la solitude que je ressentais, j’ai vécu des moments magiques indescriptibles avec eux. J’aurais envie d’être leur amie entièrement et mettre le passé derrière moi mais je n’y arrive pas complètement.  Il y aura toujours une partie en moi qui endosse le rôle de Grande Prêtresse avec eux; c’est naturel et je ne sais comment faire autrement.  À vous je vous dis que je vous aime tendrement et que vous me manquez… et que je souffre de vous voir vivre vos vies comme si rien ne s’était passé.

J’ai hésité longuement à écrire ce texte car vous penserez sans doute que je suis trop dramatique. Peut-être que oui ou non, peu importe, c’est ainsi que je me sens. Je crois aussi que personne ne peut réellement comprendre ce que j’ai vécu et vis encore. Comme personne ne peut savoir ce que les autres vivent à tout moment.

Je discutais avec mon meilleur ami et ancien Grand Prêtre de nos covens et il a évoqué le mythe de la déesse Isis. Et je me suis rappelé à quel point ma vie est calquée sur celui-ci : Isis qui se lamente sur la mort de son Osiris adoré et qui pleure tellement qu’elle devient une loque humaine et erre sur Terre. J’ai comme l’impression que j’erre depuis 2013.  Ça m’a fait bien plaisir de l’entendre parler d’Isis et surtout, ça m’a donné l’espoir qu’il y aura une fin à mon errance.

En attendant, le retour de ce blog et de son site me fait un bien indescriptible. Après une errance de 4 ans, j’ai quitté la ville pour m’installer en campagne et je reprends plaisir à parler à la Déesse, à la nature qui est son terrain de jeu. Je me suis dit que peut-être un retour à ma première spiritualité, la Wicca, pouvait me faire du bien. Non seulement je constate que ça me fait du bien mais je redécouvre la beauté de la Wicca. Une Wicca simple, libre, créative et sauvage.  Je retourne aux bases, à l’adoration de la nature, à la communication avec les éléments afin de me guérir, m’enraciner, me trouver. J’y découvre une belle sagesse que j’avais oublié, un art de vivre sain et non dogmatique. J’y découvre des réponses à de grandes questions existentielles qui me hantaient, chose qui m’était impossible avant et qui m’a mené à quitter cette voie. J’ai donc eut une idée : créer des défis hebdomadaires afin de m’encadrer et poser des actions simples et créatives pour retrouver l’émerveillement qui m’a quitté. J’ai ensuite eut l’inspiration de partager ces défis avec d’autres qui partagent ma vision ou presque. J’ai eu peur de cette inspiration : par peur d’échec, peur des autres, peur de moi. Mais je l’ai fait quand même. J’ai créé la Grotte de Rhéa et nous en sommes à la 3e semaine. Je dois admettre que j’aime la formule et surtout, j’aime lire les partages et découvertes des personnes qui se sont inscrites.

Je m’émerveille doucement mais surement.

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